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Espagne - Ronda un lieu incontournable sur la route des villages blancs d’Andalousie

(JPG) Ronda est une ville relativement peu connue d’Andalousie. Prenez n’importe qui au hasard (pas trop mauvais en géographie, quand même) et demandez-lui de vous citer des villes andalouses : il y a peu de chance qu’il évoque Ronda. Et c’est assez injuste. C’est vrai que Ronda n’a pas eu le rayonnement historique de Grenade ou Cordoue mais son intérêt culturel est évident.

Tout d’abord, sa situation géographique, à flanc de colline et coupée par un ravin rend sa découverte passionnante. Ce ravin l’a d’ailleurs obligée à se doter d’un pont particulièrement impressionnant, le Puente Nuevo (A croire qu’il y a un pont neuf dans de nombreuses villes de par le monde.) qui est l’image la plus célèbre de Ronda.

Pour les aficionados, Ronda évoquera peut-être la tauromachie puisque son arène a vu officié Francisco Romero qui, paraît-il, a établi les règles de la tauromachie (Compte tenu de mes opinions sur la tauromachie, je ne m’attarderai pas sur ce point.)

Nous sommes arrivés à Ronda le soir. Cela nous a permis d’entrer dans la ville sans grandes difficultés et de voir les bâtiments historiques qui bordent la rue principale mis en valeur par l’éclairage nocturne. La rue principale change plusieurs fois de nom, mais elle entre par la Puerta de Almocábar, traverse le Puente Nuevo et mène jusqu’à la Plaza de la Merced.

Le plus gros problème que nous ayons eu à affronter à Ronda, c’est la difficulté pour nous garer. Il est presque impossible de se garer gratuitement à proximité de la rue principale. C’est déjà un peu plus facile lorsqu’on s’en éloigne mais alors, on risque fort de se retrouver en bas de la ville, au sens propre du terme, et de devoir grimper à pied pour trouver les centres d’intérêt.

Si vous entrez, en voiture, par la même porte que nous, cherchez plutôt à droite de a rue principale (Espiritu Santo, Armiñán, Virgen de la Paz sont ses noms) car, à gauche, c’est Tajo, le ravin qui coupe la ville et il n’y a qu’une rue qui le longe. En désespoir de cause, vous pouvez aller au parking mais, pour notre part, comme nous restions une nuit plus une petite journée, nous avions peur de nous retrouver avec une grosse note de parking.

En tout cas, cette recherche de place de stationnement nous a permis de voir que Ronda est presque déserte la nuit. Devant cette difficulté pour nous garer de nuit, nous avons choisi de dormir dans la vieille ville car, si nous avions séjourné à l’extérieur, il nous aurait été très difficile de revenir le lendemain matin en voiture. Là, se présente un autre problème : les hôtels de Ronda sont assez chers. De plus, en février, beaucoup des petits hôtels recommandés par le Routard étaient fermés et, du coup, les autres étaient souvent pleins.

Nous avons fini par atterrir dans un hôtel un peu miteux et dépourvu de charme (Si cela n’avait tenu qu’à moi, j’aurais payé plus cher et serais allée ailleurs mais, avec un copain qui se contrefiche du confort hôtelier et plutôt pingre dans le domaine, je culpabilise de pousser à la dépense.) mais dont les tenanciers étaient très accueillants. Ils nous ont remis un plan de Ronda et nous ont indiqué des restaurants à proximité. Il y en a pour tous les goûts. Souffrant encore des suites d’un plat douteux, j’ai choisi un restaurant chinois où je savais pouvoir me faire servir un plat de riz blanc : dommage pour les spécialités locales.

Le lendemain matin, après que mon amoureux ait petit-déjeuné de chocolate con churros (son régal espagnol) dans un bar, nous sommes partis à la découverte de la ville. Vue notre localisation, aux alentours du croisement des rues Sevilla et Almendra, nous avons décidé de garder le Puente Nuevo pour la fin.

Nous avons donc commencé notre visite en descendant jusqu’au Puente Viejo. Celui-ci, travers le ravin là où il est le plus bas et est beaucoup moins impressionnant à voir que son « petit frère ». En revanche, de là, on a une très belle vue sur les parois du ravin et les maisons qui le bordent. Lorsque l’on est sur le Puente Viejo et qu’on regarde en direction de la ville, on peut voir des jardins qui longent le Tajo sur la droite. Ils doivent être très agréables mais la grille était fermée lorsque nous avons voulu y entrer et nous n’avons pas compris comment y accéder. Si l’on regarde dans la direction opposée, la vue est très étonnante pour des citadins français habitués à voir des banlieues autour des villes : là, on a vue sur la campagne. Sur la droite, on peut distinguer d’anciens bains maures. Nous ne nous en sommes pas approchés car il n’avaient pas l’air de se visiter.

En chemin vers le Puente Viejo, nous avions fait une halte à la Iglesia de Padre Jesús, sur la gauche en descendant. Celle-ci est plutôt agréable, pas trop chargée. Nous avons également pu voir le dévouement de certains fidèles qui venaient là pour nettoyer le lieu et notamment de grands chandeliers en argent.

Après avoir pris notre temps sur le Puente Nuevo (pas évident de visiter Ronda en état d’hypoglycémie), nous sommes repartis par l’Arco de Felipe V et avons remonté la rue jusqu’au Palacio del marqués de Salvatierra. Celui-ci était fermé mais cela ne nous a pas empêchés de souffler en contemplant le balcon, soutenu par deux statues d’indiens, qui fait sa renommée. Nous avons aussi été amusés par des touristes qui grimpaient la rue au pas de course sans même le voir. Quelle idée de visiter une ville avec les yeux dans les poches et la volonté de réaliser des exploits sportifs !

Nous avons ensuite longé la Casa del Rey Moro. Là, nous avons hésité à la visiter car elle donne accès à un escalier à flanc de falaise qui descend jusqu’à la rivière qui coule dans le ravin. Il paraît que c’est par ces escaliers que des esclaves remontaient l’eau destinée à alimenter la ville. Malheureusement, n’ayant pas pris de vrai repas depuis longtemps, je ne me sentais pas en état de crapahuter là dedans.

Nous sommes donc repartis vers la Plaza de la Duqueza de Parcent. Là, se dresse la cathédrale de la ville, la Iglesia de Santa Maria la Mayor, qui avait été une mosquée avant que Ferdinand le Catholique ne la convertisse en église. L’entrée est payante et les abords ne donnent vraiment pas envie d’y entrer. L’architecture est très lourde. A cette occasion, je remarque une nouvelle fois le sans gène de certains touristes. Un groupe bénéficiant de l’explication de son guide, un homme du groupe vient s’adosser au panneau explicatif que j’étais en train de lire : pas d’excuse, pas de justification et je ne peux même plus lire. Je me vois donc obligée d’expliquer, en anglais, à un Italien, que j’étais en train de lire et que j’aimerais bien continuer... Franchement, je comprends que les habitants de pays très touristiques en arrivent à détester les touristes quand je vois ça.

La place est également bordée par un bâtiment à galerie, une ancienne caserne si mes souvenirs sont bons, et qui abrite maintenant la mairie (l’ayuntamiento). L’impression d’ensemble est assez agréable avec le petit parc central et sa fontaine. L’été, cette place doit vraiment attirer les passants assommés par la chaleur.

Nous nous dirigeons ensuite vers les belles maisons qui bordent le Tajo. Presque toutes se visitent moyennant paiement. Certaines, donnent accès par leur jardin au bord de la falaise et il est parfois possible de s’éloigner suffisamment pour pouvoir admirer le Puente Nuevo. Comme nous ne pensions pas que cela valait le coût de faire toutes les maison, nous avons choisi de visiter le Palacio Mondragón qui est recommandé par notre guide Voir (En tant qu’étudiants européens, il nous en a coûté 1€.). Celui-ci vaut particulièrement le coup d’œil pour ces patios décorés de stucs et de céramiques mais ses jardins sont également incontournables avec leurs petits jeux d’eau et leur vue sur la campagne de Ronda depuis le bord de la falaise. Ce palais a, en plus, été aménagé en musée de sciences naturelles : cette partie du palais est assez petite et semble surtout destinée aux enfants. Ce n’est pas ce que nous avons préféré.

Après cette visite, nous nous sommes dirigés vers la Plaza del Campillo. Sur notre plan, on pouvait voir un escalier qui nous semblait pouvoir nous amener au point de vue d’où sont prises les photos du Puente Nuevo. Apparemment, ce sentier a été fermé.

Qu’à cela ne tienne, sur notre plan, nous voyons aussi qu’il y a une route qui descend vers, à ce qui nous paraît, un point de vue intéressant ; nous verrons après. Pour l’instant, il est temps de voir le Puente Nuevo de très près en le traversant.

Le précipice est impressionnant. La rivière (le río Guadalavin, en fait), tout en bas, paraît toute petite. Les maisons en bordure de falaise nous donnent aussi quelques sueurs froides pour leurs habitants. Mais, vu du dessus, le pont lui-même n’a rien de palpitant. D’ailleurs, nous l’avions traversé en voiture la veille sans même nous en apercevoir. Autre petite déception, la rivière qui coule au fond du Tajo, même si elle est loin et paraît sauvage avec ses rochers, pue. A mon avis, elle doit faire office de tout à l’égout. Du coup, rester sur le Puente Nuevo n’est pas très agréable, surtout quand on a l’estomac en piteux état.

Comme nous sommes à proximité de l’office du tourisme, nous en profitons pour nous renseigner sur les possibilités d’admirer le Puente Nuevo d’en bas. Là, on nous explique qu’il faut prendre le Camino al Fondo del Tajo. Pour l’instant, nous profitons d’être dans le centre touristique névralgique pour faire le tour des arènes, jouer les touristes (i.e. nous délester de quelques euros en souvenirs divers) et nous restaurer. Nous avons acheté de quoi emporter (J’ai honte, mais McDo est l’assurance de trouver de grands verres de coca...) et avons pique-niqué sur le Paseo Blas Infante qui offre quelques bancs au soleil et une jolie vue.

Après ce déjeuner, il est temps de reprendre la voiture pour aller voir le Puente Nuevo depuis le Camino al Fondo del Tajo. Pour cela, il faut ressortir de Ronda par là où nous étions arrivés et, de suite après avoir passé la porte, tourner à droite dans un minuscule chemin. Celui-ci est pavé et apparemment à double sens (même si nous n’arrivions pas à y croire et avons tenté, en vain, de passer par ailleurs).

Le chemin est désert. Forcément, il y a assez peu de touristes en voiture et les cars ne peuvent pas descendre là. Nous profitons donc d’être seuls pour prendre toutes les photos qui nous tentent sans avoir à nous préoccuper des badauds qui pourraient passer devant l’objectif comme cela m’était arrivé dans les palais Nasrides de l’Alhambra. Après cette pause photographique agrémentée d’une courte promenade, nous devons repartir et c’est là que ça se corse. La route était tellement étroite que nous étions persuadés qu’elle était à sens unique. Nous avons donc continué. Mais, au bout, il n’y a rien qu’une propriété privée et une fabrique de je-ne-sais-quoi. Il a donc fallu faire demi-tour sur une route plus qu’étroite et remonter en priant de ne croiser personne.

J’ai apprécié la ville de Ronda pour l’originalité de sa situation et les vues qu’on y trouve, que ce soit sur la campagne environnante ou le ravin. Le peu de touristes rencontrés contribue également à son charme. Si vous en avez l’occasion, je vous conseille d’aller y passer une journée car les centres d’intérêt sont nombreux même s’ils ne sont pas aussi nombreux ou impressionnants que ceux de villes plus connues comme Séville, Grenade et Cordoue. Cependant, on ne peut résumer l’Andalousie à ces trois villes et sortir des sentiers battus par les voyagistes (Ronda, ce n’est quand même pas la grande aventure non plus !) offre de bonnes surprises et, à mon avis, plus de dépaysement.

Avis de Thalicia sur Ronda

Source : http://www.ciao.fr/Ronda_Espagne__Avis_854218


Publié le : 14/08/2008 par Pierre Salviac | voir le(s) 1 Commentaire(s) et réagir à cet article
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